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Hogwarts Legacy : un très bon jeu de sorcier prisonnier de son open world

Hogwarts Legacy Par Nolind Testé sur
Hogwarts Legacy : un très bon jeu de sorcier prisonnier de son open world

Avalanche Software réussit là où Hogwarts Legacy était le plus attendu : donner du poids aux sortilèges, rendre Poudlard passionnant à explorer et transformer la magie en vrai système de jeu. C’est lorsque l’aventure s’éloigne du château et multiplie les activités génériques que l’enchantement perd de sa force.

Le meilleur argument de Hogwarts Legacy n’est pas son immense carte. C’est un couloir de Poudlard dans lequel un tableau bouge, une porte cache une énigme et un escalier vous fait oublier pendant cinq minutes la quête que vous étiez venu accomplir. Avalanche Software a construit le château comme un endroit que l’on prend plaisir à parcourir sans objectif précis. Dans un jeu rempli d’icônes et de listes, ce plaisir-là est presque paradoxalement le moins quantifiable.

La magie fonctionne parce qu’elle se joue

Le système de combat évite le piège évident du simple tir magique à distance. Protego, Stupefy, les sorts de contrôle, les attaques de force et les différentes couleurs de boucliers imposent un minimum de lecture du champ de bataille. Avec plusieurs ensembles de sorts accessibles rapidement, les affrontements finissent par ressembler à de petites chaînes de réactions : soulever un ennemi, le rapprocher, l’enflammer, l’expédier dans un autre adversaire.

C’est une réussite largement partagée dans le corpus critique. GamesRadar+ insiste sur la vigueur du combat, tandis que PC Gamer souligne la quantité de systèmes qui s’imbriquent autour de l’exploration, des compétences et des affrontements. Le jeu n’invente pas une nouvelle grammaire de l’action-RPG, mais il trouve une façon suffisamment tactile de traduire les sortilèges pour que changer de combinaison ait un intérêt concret.

Le balai est plus simple, mais tout aussi important. Il raccourcit les trajets et donne surtout une autre échelle au château et aux Highlands. Le problème commence lorsque cette liberté devient une invitation à remplir chaque morceau de campagne.

Un excellent noyau noyé dans les listes

Hogwarts Legacy récupère beaucoup des habitudes du monde ouvert moderne : défis, coffres, camps, énigmes répétées, équipement à comparer et séries d’objets à collecter. Au début, cette profusion donne l’impression que tout compte. Plus tard, elle rend surtout visibles les systèmes les moins intéressants.

La progression par équipement est particulièrement maladroite. Une robe ou une paire de lunettes légèrement meilleure remplace rapidement la précédente et la gestion de l’inventaire prend plus de place qu’elle ne le mérite. GamesRadar+ relève ce mélange encombré d’économie et de progression ; The Guardian observe de son côté que la structure finit par ressembler à beaucoup d’autres open worlds de la décennie précédente.

La Salle sur Demande, les plantes, les potions et les créatures apportent davantage de personnalité. Ils ont cependant un rapport étrange avec le reste du jeu : on peut s’y investir, décorer, produire et optimiser, puis repartir résoudre une série d’activités beaucoup plus mécaniques dans la campagne.

L’élève le plus dangereux de l’école

Le système possède aussi une limite plus fondamentale. Hogwarts Legacy vous laisse manipuler des sortilèges interdits et éliminer des dizaines d’ennemis sans construire autour de ces actes un véritable modèle de conséquences. Cela affaiblit une partie du rôle que le jeu prétend vous faire endosser. On choisit davantage une palette d’outils qu’une conduite.

Cette absence de friction ne détruit pas le plaisir des combats. Elle empêche simplement les systèmes de rejoindre complètement la fiction. Poudlard donne envie de croire à ses règles ; le game design, lui, les suspend dès qu’une activité en a besoin.

Quand le jeu arrête de cocher des cases

Les meilleurs moments apparaissent justement lorsqu’Avalanche resserre son dispositif. Les combats plus construits, certaines énigmes environnementales, les passages dans le château et quelques quêtes spécifiques montrent un jeu plus inventif que sa carte ne le laisse parfois penser.

C’est ce Hogwarts Legacy-là qui mérite un 16/20 : pas l’open world gigantesque dans son ensemble, mais le jeu d’action et d’exploration logé à l’intérieur. Il donne enfin aux sortilèges, à Poudlard et au déplacement en balai une forme ludique convaincante. Il aurait simplement gagné à laisser une bonne partie de ses coffres fermés.

Points forts

  • Un Poudlard exceptionnel à explorer
  • Des combats de sortilèges rapides, lisibles et combinatoires
  • Une progression qui ouvre progressivement de nouvelles possibilités
  • Le balai et l’exploration donnent une vraie sensation de liberté

Points faibles

  • Trop d’activités et de collectibles génériques hors des zones principales
  • Équipement et économie inutilement encombrants
  • Choix et magie noire ont peu de conséquences systémiques
  • Plusieurs quêtes secondaires finissent par se répéter

Hogwarts Legacy tient grâce à un excellent socle : exploration de Poudlard, combats de magie nerveux et assez de systèmes pour donner envie d’expérimenter. Son problème est d’avoir voulu remplir autour de ce noyau un immense RPG en monde ouvert dont l’équipement, les collectibles et une partie des activités secondaires sont nettement plus ordinaires. Un jeu généreux, parfois trop, mais dont les meilleurs systèmes donnent enfin à la licence un vrai terrain de jeu.

16 / 20