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The Loopler est sorti et son idée est dangereusement simple : regarder une petite voiture casser les maths

The Loopler ressemble d'abord à un jouet qu'on aurait oublié de ranger : une petite voiture tourne sur une piste en huit, encore et encore. Puis une gate ajoute du carburant, une carte déclenche un multiplicateur, un charm copie un effet, un fantôme apparaît et le score commence à afficher des nombres qui n'ont plus grand-chose à voir avec le point de départ. Sorti le 11 septembre sur Steam, le petit projet de Mheep comprend très bien le plaisir moderne du « numbers go up ». Son astuce consiste à retirer la conduite pour ne garder que l'obsession du système.

Par Kader The Loopler
The Loopler est sorti et son idée est dangereusement simple : regarder une petite voiture casser les maths

Oui, la voiture conduit toute seule

C'est probablement la meilleure manière de comprendre The Loopler : ce n'est pas vraiment un jeu de course malgré la présence permanente d'une voiture et d'un circuit.

Le véhicule avance automatiquement. Le joueur s'occupe de tout ce qui peut rendre chaque passage sur la piste plus absurde que le précédent.

Les décisions viennent des cartes sélectionnées pendant la run, des gates placées directement autour du circuit, des charms passifs et des pièces installées sur la voiture.

Le résultat se rapproche davantage d'un deckbuilder, d'un jeu incrémental et d'un score attack que d'un Micro Machines.

Le vrai jeu consiste à fabriquer une réaction en chaîne

Chaque gate peut modifier ce qui se passe lorsque la voiture la traverse. Certaines donnent du carburant, d'autres augmentent la vitesse ou le score, tandis que les cartes peuvent déclencher d'autres cartes, créer des voitures fantômes ou ajouter des multiplicateurs.

Comme les emplacements autour des pistes sont limités, l'ordre devient important.

Une gate médiocre placée seule peut devenir excellente si elle déclenche une carte qui active elle-même un charm capable de relancer toute la chaîne quelques secondes plus tard.

The Loopler ne demande donc presque aucun réflexe une fois la boucle lancée. Il demande de regarder attentivement la machine qu'on vient de fabriquer et de comprendre pourquoi elle marche — ou pourquoi elle s'effondre.

Le concept vient d'un game jam et a gonflé très vite

Mheep avait créé une première version de The Loopler pour le GMTK Game Jam 2025.

Le prototype fonctionnait déjà autour d'une voiture automatique, d'améliorations et d'une progression répétée sur le même principe de boucle.

Le développeur a ensuite continué le projet, ouvert une page Steam puis publié une démo en février 2026.

En mai, Mheep indiquait que cette démo avait déjà attiré environ 90 000 joueurs uniques et que le jeu approchait les 50 000 wishlists.

Pour un petit projet solo né d'une game jam, c'était déjà un signal assez clair qu'un nombre surprenant de personnes voulaient regarder une voiture tourner en rond.

La version finale a beaucoup plus de choses à casser

Le jeu complet annonce neuf voitures, chacune avec sa propre identité et ses effets.

Neuf circuits modifient également la disposition des emplacements disponibles, tandis que cinq niveaux de difficulté poussent les builds plus loin.

La partie deckbuilding comprend cinquante cartes. Trente gates peuvent être débloquées et placées autour des pistes, avec soixante-dix charms supplémentaires pour modifier passivement les runs.

Le jeu intègre aussi des défis quotidiens et hebdomadaires accompagnés de classements optionnels.

C'est une quantité de variables suffisante pour que deux runs visuellement identiques — toujours une petite voiture qui tourne — puissent produire des problèmes d'optimisation complètement différents.

Le plaisir est très proche de Balatro, sans copier ses cartes

Il est difficile de regarder The Loopler sans penser à l'après-Balatro.

Pas parce que Mheep aurait simplement remplacé les cartes à jouer par une voiture, mais parce que le jeu poursuit le même fantasme de conception : commencer avec une règle compréhensible en cinq secondes et laisser les multiplicateurs la transformer en catastrophe numérique.

GamingOnLinux faisait déjà ce rapprochement avant la sortie. Le point commun tient surtout à la manière dont les synergies deviennent le spectacle.

Une bonne run n'est pas seulement plus efficace qu'une mauvaise. Elle devient visuellement ridicule parce que chaque passage déclenche une cascade de nombres, d'effets et de bonus.

Le lancement Steam part très bien

Trois jours après la sortie, Steam classe déjà les avis utilisateurs de The Loopler dans la catégorie « très positifs ».

La page affichait plus de 200 évaluations au moment de notre vérification, avec environ 93 % d'avis favorables.

Ce chiffre reste évidemment très précoce. Un petit jeu indépendant peut voir son pourcentage bouger rapidement à mesure que davantage de joueurs atteignent les difficultés avancées et découvrent la durée réelle de sa progression.

Mais pour un lancement construit sans énorme campagne marketing, le signal initial est difficile à ignorer.

La configuration requise est presque une plaisanterie

The Loopler demande 2 Go de RAM et environ 500 Mo de stockage.

La fiche Steam va même jusqu'à afficher « no » à la ligne consacrée au GPU minimum sous Windows, ce qui donne une bonne idée du genre d'ambition technique dont on parle ici.

Le jeu fonctionne sur Windows, macOS et Linux, propose le Steam Cloud, les succès, les statistiques et les classements.

Son ambition n'est pas de chauffer une RTX. Elle consiste plutôt à faire chauffer la partie du cerveau qui trouve parfaitement raisonnable de relancer une partie parce qu'un multiplicateur aurait pu être placé deux cases plus tôt.

Le danger est précisément que rien ne demande beaucoup d'effort immédiat

The Loopler se présente comme relaxant, et il l'est visuellement.

La voiture tourne. La musique reste calme. On choisit quelques améliorations puis on observe.

Mais le design possède le même piège que les bons jeux incrémentaux : une décision minuscule peut être évaluée presque immédiatement, ce qui donne constamment envie d'en tester une autre.

Changer une gate ne demande qu'une seconde. Voir si elle transforme le build en machine infernale demande quelques tours. Et si cela ne marche pas, une nouvelle run n'est jamais loin.

Un tour de plus, puis un autre

The Loopler n'est pas sorti avec le poids d'une grosse licence ou la promesse d'un monde immense.

Il repose sur une idée beaucoup plus dangereuse pour le temps libre : rendre une boucle suffisamment lisible pour qu'on comprenne toujours ce qu'on pourrait améliorer au tour suivant.

Mheep a commencé avec une petite voiture qui fait des huit.

Le jeu final ajoute assez de cartes, de gates et de multiplicateurs pour transformer ce trajet ridicule en problème d'optimisation potentiellement infini.

Le circuit n'avance nulle part. Le score, lui, a manifestement d'autres projets.