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Star Fox : trente ans plus tard, ses embranchements savent toujours mieux récompenser le pilotage que beaucoup de campagnes modernes
Velan Studios refait Star Fox 64 presque mission pour mission, mais le cœur du jeu résiste remarquablement bien : trajectoires alternatives, objectifs cachés, score et prise de risque transforment une campagne très courte en véritable jeu d'arcade à maîtriser. Le problème n'est pas ce qui a été conservé. C'est tout ce que Nintendo n'a toujours pas osé construire après.
Terminer Star Fox n'a jamais été le vrai objectif.
Le terminer d'une autre manière, sauver Falco au bon moment, suivre un allié dans un passage improbable, remplir une condition que le jeu n'explique qu'à moitié puis découvrir qu'une nouvelle planète vient de remplacer celle prévue sur la carte : voilà pourquoi une campagne qui peut tenir dans une soirée est encore rejouée près de trente ans plus tard.
La courte durée est une mécanique, pas seulement une limite
Nintendo Life et Game Informer rappellent tous deux que la structure de Star Fox 64 repose sur des runs condensées plutôt que sur une campagne à consommer une seule fois. Une partie ne traverse qu'une portion du système de Lylat.
Les performances pendant une mission modifient la route suivante. Sauver un coéquipier, détruire certaines cibles ou réussir un objectif caché peut bifurquer vers une autre planète. La rejouabilité n'est donc pas un mode ajouté après le générique : elle est littéralement la carte du jeu.

Le remake a raison de ne pas ralentir l'Arwing
Les commandes modernes sont plus immédiatement lisibles que celles de 1997. Le double stick permet de séparer davantage le déplacement et la visée sans éliminer roulades, demi-tours et accélérations.
Nintendo ajoute aussi une visée à la souris avec le Joy-Con 2. Elle peut être activée pendant la campagne et les défis, tandis qu'une coopération locale permet à un joueur de piloter et à l'autre de tirer.
Ces options ne remplacent pas la logique originale. Elles donnent simplement plusieurs manières d'atteindre le même niveau de précision.
L'Arwing reste meilleur que tout ce qui essaie de le remplacer
Les missions en Landmaster et Blue-Marine créent de la variété, mais le pilotage aérien demeure le centre évident. Tom's Guide et Nintendo Life louent particulièrement la réactivité de l'Arwing dans cette nouvelle version.
Le vaisseau glisse suffisamment pour permettre de corriger une trajectoire, mais jamais au point de perdre la sensation de vitesse. Le résultat fonctionne parce que Star Fox reste un shooter arcade avant d'être une simulation de vol.
Le score donne une deuxième lecture à chaque niveau
Un premier passage cherche surtout à survivre et reconnaître les menaces. Les suivants transforment les mêmes ennemis en opportunités de multiplicateurs, de tirs chargés et d'enchaînements.
Le nouveau mode Défi pousse encore davantage cette logique en reprenant les missions avec des objectifs spécifiques. C'est une addition modeste, mais cohérente avec un jeu dont le véritable contenu vient de la répétition maîtrisée.
Le multijoueur est amusant sans devenir une seconde carrière
Nintendo ajoute des affrontements quatre contre quatre en ligne entre Star Fox et Star Wolf, avec des objectifs plus structurés qu'un simple duel d'Arwing.
Nintendo Life apprécie fortement ces parties, mais TechRadar et Tom's Guide convergent sur leur faible ampleur. Le mode manque de cartes et d'options pour rivaliser avec la campagne comme raison de revenir durablement.
L'absence de véritable écran partagé compétitif est également difficile à ignorer pour une licence dont le multijoueur N64 fait partie des souvenirs historiques.
Le problème est que tout était déjà excellent en 1997
GameSpot est beaucoup plus sévère que Nintendo Life sur la valeur de cette nouvelle version. Sa critique est simple : lorsque presque tous les niveaux, embranchements et secrets sont déjà connus, les nouveaux visuels ne produisent pas un nouveau jeu.
Slant Magazine formule la même frustration. Star Fox 64 a déjà été revisité plusieurs fois, tandis que Fox McCloud attend toujours une aventure réellement nouvelle capable d'exploiter les leçons de ce classique.
Le remake expose donc sa propre contradiction
Plus Star Fox 2026 prouve que le level design de 1997 était remarquable, plus il devient difficile de comprendre pourquoi Nintendo continue à le reconstruire au lieu d'en tirer une suite.
Comme jeu d'arcade, cette version est formidable. Comme déclaration sur l'avenir de la série, elle ressemble encore à un tonneau effectué autour de la même planète.
Points forts
- Structure à embranchements toujours exceptionnelle
- Pilotage de l'Arwing extrêmement réactif
- Excellente rejouabilité fondée sur la maîtrise et le score
- Nouvelles commandes accessibles sans trahir le gameplay
- Mode Défi parfaitement adapté au format arcade
- Multijoueur en ligne très amusant
Points faibles
- Campagne presque entièrement identique à Star Fox 64
- Très peu de contenu réellement inédit
- Multijoueur encore trop limité en cartes et options
- Pas de véritable compétitif local en écran partagé
- Le remake souligne surtout l'absence persistante d'une nouvelle aventure
Star Fox reste un modèle de campagne arcade compacte : peu de niveaux sur une seule partie, mais un réseau d'embranchements, de secrets et de scores capable de soutenir des dizaines de runs. Velan Studios modernise remarquablement le pilotage et la présentation sans casser cette structure. C'est précisément ce qui rend le résultat frustrant : Nintendo vient encore de prouver à quel point Star Fox 64 fonctionne, alors que la vraie question est désormais de savoir ce que la série pourrait faire après lui.