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No Man's Sky en 2026 — dix ans plus tard, l'univers promis existe enfin

No Man's Sky Par Kader Testé sur
No Man's Sky en 2026 — dix ans plus tard, l'univers promis existe enfin

No Man's Sky n'est plus seulement un jeu d'exploration procédurale. Construction, colonies, vaisseaux habitables, expéditions communautaires, élevage de créatures et guerres spatiales se sont empilés pendant dix ans sans faire disparaître son plaisir le plus simple : atterrir quelque part juste pour voir ce qu'il y a derrière la colline.

No Man's Sky commence toujours de la même manière : un inconnu se réveille sur une planète, répare un équipement cassé et lève les yeux vers une étoile qu'il pourra réellement rejoindre.

Ce qui a changé en dix ans, c'est tout ce qu'il peut décider de faire avant d'y aller.

Le jeu de 2016 existe encore sous près de quarante couches nouvelles

Hello Games parle désormais de presque quarante mises à jour majeures gratuites. Le chiffre est impressionnant ; le résultat l'est davantage parce que ces ajouts n'ont pas simplement allongé une liste de missions.

On peut construire une base, gérer plusieurs colonies, commander un cargo, collectionner des vaisseaux vivants, élever des compagnons, pêcher, participer à des expéditions, explorer en VR, affronter des pirates ou passer plusieurs heures à photographier des créatures dont personne n'avait prévu précisément la forme.

Nintendo Life résumait très justement l'état moderne du jeu lors de la sortie Switch 2 : ce qui apparaissait autrefois comme une promesse beaucoup trop grande est devenu un sandbox remarquablement dense.

Voyagers a enfin rendu le vaisseau aussi important que la planète

La mise à jour 6.0 de 2025 reste l'une des transformations les plus significatives de ces dernières années.

Les Corvettes ne sont plus de simples véhicules avec un cockpit. Elles peuvent être assemblées module par module, décorées à l'intérieur, habitées par plusieurs joueurs et parcourues pendant le vol.

On peut quitter le siège de pilotage, regarder l'espace depuis une fenêtre, marcher dans les couloirs pendant qu'un autre joueur dirige le bâtiment ou ouvrir une issue en atmosphère et sauter directement vers la planète.

Pour un jeu qui a toujours construit son imaginaire autour du voyage spatial, il aura fallu neuf ans pour que le vaisseau cesse véritablement d'être une transition entre deux destinations.

2026 a été l'année où Hello Games a commencé à transformer les vieilles ressources en nouveaux jeux

Remnant donne un excellent exemple de cette manière de travailler.

Le Gravitino Coil ajoute un véritable outil de manipulation physique au multi-tool. Des débris qui étaient auparavant surtout décoratifs peuvent être ramassés, transportés, jetés ou recyclés. Le Colossus peut être reconstruit en camion, véhicule industriel ou machine beaucoup plus extravagante.

La boucle de récupération elle-même peut devenir répétitive, et certains joueurs ont justement reproché à l'expédition Remnant de transformer assez vite cette nouveauté en travail de manutention.

L'idée reste révélatrice : Hello Games regarde un univers déjà rempli d'objets et se demande comment les rendre soudain interactifs.

Xeno Arena donne enfin une fonction à la folie des créatures procédurales

En avril, Xeno Arena est allé chercher un autre système ancien : les animaux.

Les créatures peuvent désormais être entraînées, élevées, croisées et engagées dans des combats. Les variantes rares et les biomes deviennent ainsi une matière de collection plus structurée.

L'Arena elle-même peut être construite et ouverte à d'autres joueurs pour organiser des combats ou des tournois.

Ce n'est pas soudain Pokémon dans un univers de science-fiction. Les règles restent plus légères et la profondeur compétitive demeure limitée. Mais une planète contenant une espèce étrange n'est plus uniquement un endroit où remplir une fiche de découverte.

The Swarm fait enfin exploser l'échelle du combat spatial

La version actuellement disponible reste The Swarm, mise à jour 6.4, suivie de plusieurs correctifs jusqu'à la 6.45.1.

Sa Hive of Glass est un immense bâtiment hostile autour duquel se rassemblent des essaims de drones et de nombreux vaisseaux alliés. Hello Games parle des plus grandes batailles spatiales produites jusque-là dans No Man's Sky.

Le spectacle fonctionne. La première confrontation avec une masse de petits chasseurs autour de cette structure gigantesque donne réellement au combat spatial une échelle qu'il n'avait pas auparavant.

La profondeur suit moins bien.

Les missions de l'expédition demandent souvent de répéter les mêmes types d'interventions pour alimenter l'effort communautaire. Même la confrontation finale repose davantage sur son image et son gigantisme que sur une architecture de boss particulièrement sophistiquée.

L'expédition reste la meilleure manière de revenir après plusieurs années

No Man's Sky pourrait être paralysant pour quelqu'un qui ouvre une ancienne sauvegarde après quatre ans.

Les expéditions répondent parfaitement à ce problème. Elles créent une nouvelle partie temporaire avec un ensemble d'objectifs précis et introduisent progressivement les systèmes utiles.

The Swarm pousse cette structure vers un événement communautaire : trois factions contribuent à une guerre commune, les résultats sont suivis dans le Nexus et le Galactic Atlas, et l'équipe la plus efficace doit rester représentée dans l'Anomalie.

Le principe donne une direction à un jeu qui s'est justement construit sur l'absence de direction obligatoire.

L'exploration conserve une faiblesse que quarante mises à jour ne peuvent totalement cacher

Le paradoxe de No Man's Sky reste le même. Son univers est pratiquement infini, mais ses briques ne le sont évidemment pas.

Après suffisamment d'heures, on reconnaît les familles de reliefs, d'installations, d'animaux et de situations utilisées pour fabriquer les planètes.

Worlds Part I et Worlds Part II ont considérablement amélioré la variété, les océans, les nuages, les biomes et l'échelle visuelle. Cela ralentit la sensation de répétition sans pouvoir l'abolir.

No Man's Sky fonctionne donc mieux quand on accepte que la découverte ne soit pas toujours celle d'une nouvelle catégorie de contenu. Parfois, c'est simplement une combinaison de couleurs, de météo, de relief et de lumière suffisamment inhabituelle pour donner envie de rester.

Le plus impressionnant reste la façon dont une sauvegarde de dix ans peut encore accueillir tout cela

La véritable réussite de Hello Games n'est peut-être pas d'avoir ajouté une quarantaine de mises à jour.

C'est d'avoir ajouté une quarantaine de mises à jour à la même aventure.

Bases, flottes, découvertes et personnages n'ont pas été abandonnés à chaque nouvelle version majeure. Le joueur peut continuer à construire sur la même histoire personnelle.

Cette continuité donne à No Man's Sky une qualité inhabituelle : revenir après deux ans ressemble moins au lancement d'une suite qu'au retour dans un endroit familier qui a continué à vivre.

Cosmos est annoncé, mais il ne faut pas encore le tester

Pour son dixième anniversaire, Hello Games a confirmé le nom de sa prochaine grande mise à jour : Cosmos.

Le studio n'en a cependant pas détaillé le contenu ni donné de date de disponibilité. Elle ne fait donc pas partie de cette critique.

L'état actuel du jeu reste celui enrichi par The Swarm et ses correctifs 6.45.1.

Cela suffit déjà à produire un drôle de constat. No Man's Sky était célèbre en 2016 pour tout ce qu'il n'était pas encore. En 2026, son problème le plus crédible est presque inverse : il contient tellement de choses qu'il faut choisir lesquelles ignorer.

Points forts

  • Une liberté de jeu devenue absolument immense
  • Exploration toujours capable de produire de vrais moments de découverte
  • Voyagers transforme profondément le rapport aux vaisseaux
  • Remnant et son Gravitino Coil apportent une vraie dimension physique
  • Xeno Arena donne une utilité supplémentaire aux créatures procédurales
  • The Swarm offre les combats spatiaux les plus spectaculaires du jeu
  • Presque quarante mises à jour majeures gratuites en dix ans

Points faibles

  • Accumulation de systèmes parfois intimidante pour un nouveau joueur
  • Certaines boucles restent répétitives une fois leur nouveauté dissipée
  • The Swarm est plus spectaculaire que réellement profond
  • Gestion de ressources et menus peuvent encore casser le rythme

Dans son état 2026, No Man's Sky est devenu un immense bac à sable de science-fiction capable de soutenir des manières de jouer radicalement différentes. Voyagers a transformé le vaisseau en lieu de vie, Remnant a introduit un étonnant terrain de jeu physique, Xeno Arena a donné une fonction nouvelle aux créatures et The Swarm pousse les combats spatiaux à une échelle encore supérieure. Cette abondance a son revers : systèmes superposés, interfaces chargées, activités de qualité inégale et expéditions qui peuvent parfois tourner au remplissage. Pourtant, l'essentiel tient. Dix ans plus tard, explorer reste agréable, le jeu respecte extraordinairement bien le temps et l'investissement de ses joueurs, et chaque retour donne l'impression qu'un autre jeu s'est greffé sur celui qu'on avait quitté.

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