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Resident Evil refuse de rejouer Leon : Zach Cregger préfère adapter la sensation des jeux
Zach Cregger avait une solution assez radicale au problème classique des adaptations de jeux vidéo : ne pas toucher aux héros que les joueurs aiment déjà. Son Resident Evil sort aujourd'hui avec Bryan, un coursier médical créé pour le film, et place son histoire en marge de la catastrophe de Raccoon City. Leon peut donc rester dans Resident Evil 2 pendant qu'un autre pauvre type découvre pourquoi traverser cette ville de nuit est une idée absolument catastrophique.
Resident Evil arrive au cinéma ce 18 septembre. Zach Cregger, réalisateur de Barbarian et Weapons, signe la mise en scène et cosigne le scénario avec Shay Hatten. Austin Abrams tient le rôle principal.
Sony présente le film comme une histoire entièrement nouvelle. Bryan est un coursier médical qui se retrouve entraîné dans une course à la survie lorsqu'une nuit de travail bascule dans le chaos.
Cregger ne voulait surtout pas refaire l'histoire de Leon
Le choix le plus important a été pris très tôt : aucun protagoniste emblématique des jeux n'allait devenir le héros du film. Cregger a expliqué qu'il ne voyait aucun intérêt à refaire une histoire de Leon Kennedy déjà parfaitement racontée par Capcom.
Même logique pour Claire Redfield, Jill Valentine ou Chris Redfield. Les intégrer artificiellement à l'intrigue aurait, selon lui, rendu cette nouvelle histoire moins naturelle.
Le film se situe plutôt à la périphérie du monde de Resident Evil 2. Raccoon City vit sa grande nuit de catastrophe, mais Bryan suit sa propre trajectoire pendant que les événements familiers existent ailleurs.
La fidélité recherchée se trouve dans la boucle de survie
Cregger parle moins d'adapter des scènes précises que de transformer une partie de Resident Evil en structure de film. Bryan doit aller d'un point A à un point B, traverser des environnements de plus en plus hostiles et accumuler progressivement de meilleurs moyens de défense.
Le réalisateur a même décrit la progression de manière très concrète : commencer avec peu de ressources, obtenir ensuite une arme plus efficace, surveiller les munitions et continuer malgré les blessures.

Pour un joueur, la logique est immédiatement reconnaissable. Resident Evil fonctionne depuis longtemps en faisant alterner exploration, pénurie, amélioration de l'équipement et nouvelles créatures assez désagréables pour rendre chaque porte suspecte.
Le film tente donc une fidélité mécanique plutôt que narrative. Il ne demande pas à Austin Abrams de devenir une nouvelle version de Leon ; il demande à Bryan de vivre quelque chose qui ressemble à la mauvaise soirée d'un joueur lançant Resident Evil sans savoir ce qui l'attend.
Un héros volontairement mauvais pour survivre
Bryan n'est ni policier d'élite ni agent gouvernemental. Cregger le décrit au contraire comme quelqu'un sans compétences particulières de combat et très mal préparé à ce qui lui arrive.
Ce point change beaucoup la dynamique habituelle d'un blockbuster de licence. Austin Abrams ne doit pas entrer dans Raccoon City comme un héros d'action déjà capable de démonter une créature mutante. Il doit apprendre en avançant.
Zach Cherry, Kali Reis et Paul Walter Hauser complètent la distribution principale annoncée par Sony.
Resident Evil essaie encore une troisième manière d'exister au cinéma
La licence a déjà connu deux grandes approches live-action. Les films portés par Milla Jovovich avaient créé leur propre héroïne et pris énormément de libertés avec les jeux. Welcome to Raccoon City, en 2021, avait au contraire essayé de rapprocher directement personnages, lieux et événements des premiers épisodes.
Cregger cherche une position intermédiaire : garder Raccoon City, ses virus, ses monstres et surtout le fonctionnement du survival horror, mais laisser les personnages des jeux tranquilles.
C'est peut-être la première adaptation Resident Evil à poser la fidélité de cette manière : pas « est-ce que Leon porte la bonne veste ? », mais « est-ce qu'on ressent vraiment le besoin de compter les dernières balles ? ».